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De Wall Street à la jungle : l'homme qui a tout plaqué pour sauver les orangs-outans

05/06/2026 460 vues
De Wall Street à la jungle : l'homme qui a tout plaqué pour sauver les orangs-outans
Il a quitté un bureau à Manhattan pour un camp boueux en Sumatra. En moins d'une décennie, sa vie s'est transformée en combat pour les arbres et les mains orangées qui les habitent.

🚀 L'essentiel

  • Concept clé : Un banquier devenu protecteur des orangs-outans.
  • Conseil pratique : Soutenez des centres de réhabilitation accrédités et évitez les produits à huile de palme non durable.
  • Le saviez-vous : Le rewilding consiste à réapprendre à des animaux réhabilités à vivre à l'état sauvage.

Il a pleuré la première fois qu'il a touché la main d'un orang-outan.

C'était en novembre 2009, près de Bukit Lawang, dans le nord de Sumatra. Un jeune orang-outan roux s'accrochait à un enchevêtrement de cordes dans une zone de réhabilitation, et l'homme venu de Manhattan a ressenti une émotion immédiate. Le camp sentait la terre humide et l'encens. Des enfants du village observaient à distance. Ce moment unique a fait basculer sa vie.

Nouvelles racines

Il s'appelle Thomas Becker, né en 1979, ancien cadre en finance à New York. Il a travaillé à Wall Street de 2002 à 2010, principalement sur les marchés des matières premières. Thomas n'est pas un scientifique célèbre. Il est connu pour avoir fondé Rimba Rescue, une ONG enregistrée en Indonésie en 2012, dédiée à la réhabilitation des orangs-outans et à la restauration des habitats.

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Rimba Rescue s'est fait remarquer en 2016, lors d'une opération pour libérer quarante macaques et six orangs-outans près de Palembang. L'affaire a été rapportée par The Jakarta Post le 12 juin 2016 et relayée par des blogs internationaux, soulignant la transition de Thomas du monde de la finance au travail de terrain.

De 2013 à 2024, Rimba Rescue a documenté la remise en liberté de 86 orangs-outans réhabilités dans des corridors forestiers protégés au Kalimantan Ouest et en Aceh. Le projet collabore avec des communautés locales, le ministère indonésien de l'Environnement et des volontaires universitaires européens.

Pourquoi il est parti

Le pivot a commencé modestement. En 2009, Thomas a fait un voyage bénévole de deux semaines en Indonésie après avoir lu un reportage de National Geographic sur la déforestation à Bornéo. Il attendait une aventure. Il a découvert l'ampleur du recul des forêts: des images satellites de 2008 à 2012 montrent des dizaines de milliers d'hectares rasés chaque année pour les plantations de palmier à huile.

En 2010 il démissionne, vend son appartement à Brooklyn en 2011, et utilise le produit de la vente pour financer une petite station de terrain près de l'Aceh en 2012. Il apprend les soins vétérinaires de base auprès d'équipes expérimentées comme celles du Sumatran Orangutan Conservation Programme. Anecdotes des débuts: un matin d'hiver 2013, l'équipe suit une mère et son petit à travers une zone brûlée et organise une intervention délicate après un orage violent.

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Thomas raconte sa première année dans un billet de blog publié en 2014: pannes d'équipement, demandes de bakchich aux points de contrôle, et surtout la lenteur d'enseigner à des orangs-outans nés en captivité à chercher leur nourriture. Ces histoires montrent le travail concret derrière les gros titres et la patience nécessaire pour reconstruire la confiance avec les animaux et les communautés.

Entre louanges et critiques

Le récit n'est pas sans tension. Les défenseurs saluent Rimba Rescue pour avoir planté plus de 120 000 arbres indigènes entre 2015 et 2023, restituant des bandes de corridors forestiers. Ces plantations sont attestées dans les rapports trimestriels publiés par l'ONG et dans des analyses satellitaires indépendantes parues en 2022.

Pourtant, des critiques pointent des limites. Certains acteurs du secteur dénoncent la narration du « sauveur solitaire » qui peut effacer le leadership local. D'autres rappellent les causes structurelles de la déforestation, incluant la demande mondiale d'huile de palme et l'application limitée des lois provinciales. Thomas a réagi en formalisant la gouvernance locale et en recrutant des directeurs indonésiens en 2017, geste cité dans une interview accordée à Mongabay en 2018.

La viabilité financière reste un défi. Rimba Rescue a testé des financements par crédits carbone entre 2020 et 2023, et a appris la complexité des procédures de vérification. Les leçons sont concrètes: la conservation exige des financements diversifiés, des partenariats authentiques avec les populations locales, et de l'humilité quant à ce qu'une seule personne peut accomplir.

Conseils concrets

Pour ceux qui souhaitent agir, Thomas propose des conseils simples. D'abord, vérifiez les registres d'associations avant de donner. Cherchez des organisations avec des rapports annuels transparents et des conseils d'administration locaux. Ensuite, réduisez votre consommation d'huile de palme non durable en lisant les étiquettes ou en favorisant des produits certifiés par des organismes crédibles.

Les voyageurs qui veulent visiter des centres de réhabilitation doivent privilégier les programmes qui protègent le bien-être animal et n'encouragent pas le contact direct. Les visites responsables financent l'éducation et l'emploi local sans stresser les animaux.

Enfin, apprenez les mots. Le rewilding (rétablir un comportement sauvage chez des animaux réhabilités) diffère d'une simple remise en liberté: il inclut l'entraînement, des enclos de « soft release », et un suivi long terme pour garantir la survie.

Merci d'avoir lu, et n'oubliez pas, Profitez des moments de la vie !